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Diaspora*, un lancement en demi-teinte mais LE réseau social du futur

Accessible depuis près d'un an, le réseau social open source Diaspora* est loin d'avoir connu le succès escompté. Pour ceux qui auraient loupé un épisode, dans les grandes lignes ce projet est un pendant open-source de Facebook, où nous sommes libres de créer ou d'utiliser un serveur (baptisé Pod) contenant nos données afin de ne pas être obligatoirement tributaire d'un serveur tiers. L'idée de fond est de pouvoir exporter et importer nos datas (statuts, photos, amis, messages, etc) quand bon nous semble, pour "déménager" sans problème, ou simplement arrêter d'utiliser le service tout en gardant une trace de notre passage. J'y avais moi même créé un compte dès le départ que j'ai lâchement abandonné n'y ayant pas rencontré grand monde / intérêt. En quête d'idées pour un nouveau projet, j'ai repensé à ce système permettant aux serveurs de communiquer entre eux et s'échanger des données de façon transparente pour l'utilisateur. C'est pour cette raison que j'ai décidé de m'y pencher à nouveau.

Le gros reproche fait à Facebook concerne sa gestion des données personnelles, qui dans le cas d'un réseau social représente la quasi totalité des informations recueillies. Pour chacune des actions que vous effectuez, il en conserve une trace. Vous pouvez bien entendu les supprimer mais qui vous dit qu'elles le sont réellement sur leurs serveurs. Les histoires plus ou moins récentes concernant la disponibilité de photos soit disant effacées en est une preuve flagrante. De notre côté, plus rien n'est visible mais nous n'avons aucun moyen réel de nous en assurer. En nous enregistrant sur Facebook, nous acceptons cet état de fait en même temps que nous cochons la case de validation des CGU (Conditions Générales d'Utilisation). Avec Diaspora*, l'utilisateur a le choix, soit il établit une relation de confiance avec son pod hébergeur, soit il décide de gérer lui même ses données de A à Z et crée son propre pod. Dans un monde où la gestion des données personnelles prend de plus en plus de place et d'importance, j'ai du mal à comprendre que des initiatives comme Diaspora* soient laissées de côté. Il est assez difficile de le comparer à Facebook, au vu du nombre de microcosmes qui entourent ce dernier (le géant des réseaux sociaux peut représenter Internet tout entier pour certains), mais aussi et surtout de par l'adoption quasi unanime que lui réserve chaque jour un peu plus le grand public. Au même titre que Google+, il devrait au moins être utilisé par les geeks car même si ses fonctions de partage restent basiques (pour le moment en tous cas), elles sont solides et filtrables à souhait au niveau de notre flux.

Par dessus tout, c'est le côté open source qui me tient le plus à cœur. Il ne tient qu'à nous (développeurs, amateurs de logiciels open source, ardent défenseur de la neutralité du réseau ou que sais-je encore) de l'adapter à tous les besoins, encore faudrait-il qu'il y ait du monde pour en exprimer. N'est-il pas de notre devoir d'informer et d'expliquer aux personnes qui ne sont pas au fait des tenants et des aboutissants de ce qui se passe sur la toile, que les choix qu'ils font en suivant la masse ne sont pas toujours judicieux ? Il n'y a qu'à demander autour de nous pour se rendre compte que le grand public n'est quasiment pas informé sur ces problématiques de gestion des données personnelles. Certes en France, la CNIL veille au grain, mais je trouve tout de même important que les gens sachent à quoi ils s'engagent en acceptant de confier leurs données à un service qui peut changer de politique de confidentialité du jour au lendemain, ce qui n'a actuellement rien d'exceptionnel.

Concrètement, je pense que vous devriez réfléchir à tout ça et essayer Diaspora* pour vous en faire votre propre idée. Si le projet vous plaît et que vous êtes développeur (Diaspora* est codé avec Rails), ou que l'aventure vous tente, n'hésitez à y participer. Pour ma part, je suis en train de me mettre à Rails (en apprenant les bases de Ruby) et j'essaierai de vous faire part de mon évolution. Vous pouvez consulter la liste des pods publics ici, pour ma part, je suis sur Diasp.org. 🙂

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  1. Chouette article.

    Une petite coquille: « Il semble est évidemment difficile de le comparer à Facebook » ou bien c’est moi qui comprend pas :p

  2. Non non, il y avait bien une coquille qui est maintenant corrigée. Merci de ton passage et content que l’article t’ait plu.

  3. Pour moi, la première erreur de ce projet c’est de ne pas avoir été écrit en PHP : le concept se répandrait tellement plus facilement si on disait aux gens, « tenez, c’est comme WordPress, ça s’installe en 2 secondes et sur n’importe quel serveur web, sauf que c’est un réseau social » !

    Là au final 99% des gens se retrouvent sur des gros hébergeurs qui rassemblent des milliers d’utilisateurs chacun (pas trop ce que j’avais imaginé à l’origine), et à supposer que ça finisse par vraiment s’ouvrir au grand public, je suppose qu’à l’avenir y’en aura sûrement 1 ou 2 ‘meilleurs’ qui émergeront et finiront par dominer le marché, ce qui est peut-être mieux que de rester sur Facebook mais pas top non plus.

    Enfin j’essaierai sûrement à l’occasion, mais entre le lancement raté du projet et l’apparition de Google Plus qui touche au final le même marché (= les geeks), il y a du chemin avant la gloire.

  4. Je suis bien d’accord avec toi concernant le choix de Ruby mais il faut se rappeler qu’à la base, c’était un projet d’étudiant, pas vraiment destiné à la prod’. Sa notoriété est montée en flèche « malgré » eux. Là où je ne partage pas vraiment ton avis, c’est sur le fait que Google+ et Diaspora soient sur le même créneau. Certes ils concernent tous les 2 majoritairement les geeks, mais l’un est open source, là où l’autre est dirigé par une entreprise dont la gestion des données privées est de plus en plus remise en question. C’est dans ce sens que les gens devraient se poser la question sur le fait d’aller sur l’un ou sur l’autre en connaissance de cause car au final, niveau fonctionnalités, ils font quasiment la même chose.
    De plus, la communauté de Diaspora* essaye de se bouger en rendant l’installation des pods la plus simple possible et il n’est pas dit qu’à l’avenir, un pendant en PHP ne soit pas développé et qu’ils puissent tous communiquer entre eux.

    Affaire à suivre, mais me concernant, j’ai bien l’intention de mouiller un peu ma chemise pour ce projet. Merci de ton passage.

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