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Un accès pour tous à un moyen de transport alternatif à la voiture

Ce billet fait suite à la dernière polémique en date concernant la hausse du prix de l'essence.

Ayant vécu à la campagne (pas une petite ville, la vraie campagne avec des champs autour), j'aimerais bien que les citadins arrêtent de généraliser leur cas. Ils prônent le fait qu'il suffit d'arrêter de prendre sa voiture alors que les moyens alternatifs en dehors des grandes villes pour la vie quotidienne sont quasi-inexistants. La fréquence des bus est ridicule, quand il y en a. Les gares des petites villes bien vivantes des années plus tôt ne sont plus représentées que par des rails qui n'ont plus rien vu passer depuis des lustres.

Les vélos, les trottinettes ou la marche à pieds sont de bonnes alternatives et sont recommandées pour la santé en plus du climat. Mais là encore, je pense aux maisons un peu plus isolées où il est nécessaire de faire plusieurs dizaines de kilomètres pour trouver une boulangerie (sans parler de faire ses courses).

J'ai pris l'exemple des campagnes que je connais bien mais il y a fort à parier que ce soit également le cas dans de plus grosses villes. Désolé si vous êtes dans ce cas et que vous vous sentez oublié par ce billet. Ce n'est pas du tout mon intention.

N'ayant plus de voiture au quotidien depuis 14 ans, je me fais l'avocat du diable. J'ai l'avantage d'avoir vécu à la fois dans une campagne isolée où la voiture était une nécessité et dans de grandes villes comme Lyon ou Paris où les transports en commun sont très bien développés. Je pense être bien placé pour donner mon avis. L'idée étant d'éviter de marginaliser les gens pour qui la voiture est encore aujourd'hui nécessaire, même avec toute la bonne volonté du monde, et qui paieront quoi qu'il arrive.

Relançons des transports en commun aux endroits où il n'y en a pas ou plus. Tissons un maillage fort pour que ce ne soit plus un argument valable. À ce moment, nous pourrons augmenter le prix de l'essence en invitant les gens à utiliser les alternatives, pas avant.

Une idée pourrait être de n'augmenter les prix que dans les villes ayant accès à des transports en commun de qualité. Il y a fort à parier que des citadins malins n'hésiteront pas à faire plusieurs dizaines de kilomètres pour remplir leurs bidons hebdomadairement.

Si vous avez passé toute votre vie dans une grande ville, vous ne pouvez pas comprendre le rapport des gens à la voiture. Cette dernière est perçue comme une délivrance, un véritable moyen d'émancipation à la majorité, là où pour les citadins déjà habitués des transports en commun, passer son permis n'est pas vraiment une évidence.

J'apprécierais pour tous ces gens que le gouvernement sorte un peu de Paris et autres grandes agglomérations françaises pour voir comment les choses se passent ailleurs avant de prendre des décisions. Merci pour eux.

En résumé, je suis pour l'utilisation d'un moyen alternatif à la voiture quand c'est possible. Cependant, généraliser aujourd'hui, quand nombreux sont ceux qui n'ont pas accès à autre chose de façon pratique me semble être un argument trop facile. Favorisons les installations respectueuses de l'environnement, faisons-en des moyens incontournables et accessibles partout où c'est possible plutôt que de nous chamailler à propos de ceux qui se plaignent du prix de l'essence. Utilisons notre énergie pour obliger nos dirigeants à aller dans le sens qui nous semble positif.

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